Projet ANR Terre Eau

Terre-Eau

IDENTIFICATION

Financeur

Agence nationale de la recherche (ANR)

Date de démarrage

1er janvier 2013, quatre ans

Membres impliqués

Sara Fernandez -
• Tâche 1 (« études de cas ») : en charge du terrain espagnol, en appui aux terrains cisjordanien et népalais
• Tâche 2 (l’eau et la critical political ecology »), responsable de la tâche
• Tâche 3 (co-construction des dispositifs et des discours sur l’agriculture, l’eau et le foncier) : en charge d’activités au sein de la tâche

DESCRIPTIF DU PROJET

Le projet vise à identifier les capacités d’adaptation des acteurs impliqués dans la production alimentaire déployant des stratégies à un niveau intermédiaire mais faisant face à des changements globaux. L’objectif est de partir des contraintes vécues par ces acteurs et de les analyser à travers les prismes théoriques des recompositions territoriales, du pluralisme légal, de la political ecology et de l’épistémologie civique. En effet, les acteurs font face simultanément à un bouleversement du foncier, de leur gestion de l’eau et des écosystèmes dans lesquels ils vivent et travaillent. Ce projet utilise comme point d’entrée l’étude de huit cas aux développements économiques très différents : la région Ampefy à Madagascar, les régions Lango et West Nile en Ouganda, la région de Al Auja en Cisjordanie, la vallée de la Beka au Liban, le bassin du Naivasha au Kenya, le Téraï au Népal, la Bretagne en France et l’Andalousie en Espagne. Tous ces sites connaissent aujourd’hui un bouleversement de leurs rapports au foncier et à la production agricole. Six d’entre eux connaissent aussi une mutation profonde des choix technologiques concernant le rapport à l’eau. Trois d’entre eux connaissent un phénomène d’investissements étrangers à grande échelle. L’un de ces cas se situe au cœur de flux migratoires importants. Six connaissent une tension entre agriculture de subsistance et agriculture commerciale ainsi qu’une compétition foncière entre d’une part les notables locaux revendiquant la loi nationale sur l’eau et la terre et d’autre part les populations utilisant des méthodes de tenure foncière traditionnelles. Partout l’agriculture est intensive, et parfois industrielle, elle modifie le rapport à l’eau, altère l’écosystème et les activités humaines qui lui sont liées. Partout, les consultants internationaux jouent un rôle essentiel dans les choix techniques concernant l’eau réalisés soient par les investisseurs étrangers, par les gouvernements nationaux ou les investisseurs locaux. Tous ces cas d’étude se situent au cœur d’une co-construction des techniques et des sciences concernant l’eau et l’agriculture où l’on voit interagir des acteurs déployant des stratégies à un niveau d’échelle allant du très local jusqu’au global.

Ce projet réunit quatre unités de recherche : ART-Dev à Montpellier, le Centre d’Etudes Himalayennes (CNRS) à Villejuif, GECKO à Nanterre et l’UMR GESTE à Strasbourg, pour réaliser une étude interdisciplinaire. La géographie, la science politique, l’agronomie, la sociologie des sciences, la géomatique sont combinées pour explorer le rapport à la terre et à l’eau dans la production agricole au sein des huit cas d’études.

Mots-clés:
agriculture, eau, foncier, adaptation, changement globaux, sciences sociales.

This project aims to identify the adaptation capacities of actors involved in food production who deploy their strategies over a local or intermediate scale, yet who face global scale changes. The aim is to start from the constraints experienced by these actors and to analyze them using the theoretical framework of territorial recomposition, legal pluralism, political ecology and civic epistemology. These actors face simultaneously an upheaval in land tenure, in their interaction with water and in the ecosystems in which they live and work. This project builds on eight case studies, demonstrating a wide spread of economic development: the Ampefy area in Madagascar, the Lango and West Nile areas in Ouganda, the region of Al Auja in the West Bank, the Beka valley in Lebanon, the Naivasha basin in Kenya, the Terai in Nepal, Brittany in France and Andalusia in Spain. All of these case studies are now experiencing an upheaval in land tenure and in agricultural production. Six of them also experience great mutations in the technical choices concerning water. Three of them experience large scale foreign investments. One of them is located at the heart of important migration flows. Six experience tension between subsistence agriculture and commercial agriculture as well as competition for land between local notables who want to apply the national water law and local populations using local land and water property systems. In all cases, industrial agriculture’s effects on water alter the ecosystem and the human activities linked to it. In all cases, international consultants play a pivotal role in the technical choices concerning water made either by foreign investors, by national governments or by local investors. All of these case studies are located at the heart of a co-construction of technoscience concerning water and agriculture, an arena where actors deploy strategies over scales ranging from very local to global.

This project gathers four research units: ART-Dev in Montpellier, the Centre d’Etudes Himalayennes (CNRS) in Paris, GECKO in Nanterre and GESTE in Strasbourg to carry out an interdisciplinary study. Geography, political science, agricultural studies, science and technology studies and geomatics are combined to explore human interactions with land and water within agricultural production in all eight case studies.

key words:

agriculture, water, land tenure, adaptation, global changes, social sciences.